Impensées dans le mouvant

Poésies dans le mouvant fediverse : @impensees-dans-le-mouvant@impensees.du.mouvant.icu, abonnement par mail en bas de page

Je ne suis que La graine D'une épluchure,

Une promesse Depuis ma naissance, Une faille dans Mon humanité.

Je ne suis que La Terre qui Grouille hors Des agitations.

Je ne suis que ce Moins qu'un corps Qui permet D'être

La tranche invisible la pression du jet l'espace perpendiculaire le potentiel seul l'attente du présent la pensée dans l'oiseau l'horizon sa gravité dans la suspension des nuages d'une

Simplicité humble À retrouver L'implosion des mondes Convergeants Vers

Un pas de papillon.

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“Le regard est le miroir de l'âme”...

Il est aisé de se décharger avec des maximes abstraites. Le regard est le miroir de l'âme est une belle vérité seulement quand celle-ci est investie.

Le regard est un investissement. Il ne parle de nous seulement quand nous faisons l'effort de l'habiter. Il ne parle de nous que lorsque notre regard est traversé par un autre regard et qu'il nous est essentiel que cet autre regard trouve ce qu'il cherche, c'est à dire quelqu'un. Regarder un regard est un dialogue. C'est par la qualité d'un regard qu'on trouve l'être dans la justesse de ses états. C'est par dessus ce dialogue ineffable que la parole prend tout son sens. De la même façon, C'est par la qualité du regard que l'on reconnaît les désincarnations.

Tuto désincarnation : 1 – Déconsidérer son ressenti par la volonté seule. 2 – S'identifier à une présence extérieur comme une idée ou une voiture. 3 – Déconsidérer son ressenti jusqu'à l'oubli et y éprouver un soulagement abstrait. 4 – Entraîner son regard à la vacuité en regardant des écrans proposant des sensations désaffectées et des émotions inappropriées. 5 – Faire de cet entraînement une hygiène et une activité principale, au mieux essentielle. 6 – Perdre toute capacité de concentration et d'adaptation. 7 – Améliorer son déni pour l'appliquer dans des addictions et responsabiliser autrui. 8 – Accuser des inconnus sur votre situation permettra de tenir la barre dans l'irresponsabilité de façon tout à fait autonome et tenace.

L'enfant occidental apprend des regards. Le regard est un organe de la culture, c'est un art. Les enfants occidentaux apprennent La désincarnation. Tous les outils nécessaires sont à leur disposition.

Le théâtre ne peut être qu'une discipline littéraire et élitiste. Il doit être mystique et populaire.

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Je ne sais pas si je veux être comédien. Théâtre. Le théâtre est un endroit conçu pour regarder. Pour être regardé. Theatron, c'est le lieu. Théâtre, c'est juste regarder. Pas juste regarder non. Théâtre est un mot grec. En français il n'y a pas de mot pour dire se laisser activement affecter. Alors on traduit théâtre avec un pauvre mot que même les latins n'ont pas su trouver : regarder.

Quand je suis dehors je vois bien Que personne ne sait plus regarder alors Je ne sais pas si être comédien a encore du sens.

Il y a plusieurs façon de regarder. Poser les yeux, déjà. On pose son oeil et on constate que cette chose est là. Pauvre regard triste et militaire. Je ne supporterai pas travailler pour qu'on pose, froidement, ce regard ennuyé sur mon jeu. Il y a aussi le regard accusateur. Un regard tordu où celui-là t'accuse d'être la personne qu'il n'aime pas. Il ne peux rien voir d'autre que lui-même. Ces personnes soucieuses ont des analyses perçantes et il est peu probable que mon personnage y résiste. Je ne serai plus rien qu'un comédien et jugé pour cela. Quel intérêt d'être regardé ainsi ? Faut-il travailler aussi dur à disparaitre pour qu'au final on ne s'intéresse qu'à moi ? Ces gens là ne savent pas jouer ni s'amuser. Ils aiment à valider la culture plutôt que de la vivre. Faut-il que le comédien joue pour lui-même pour que cette idée fonctionne ?

Enfant, mon grand-père m'apprenait à regarder les choses. Il me disait que regarder quelqu'un c'était une conversation. Et que mon regard devait parler de moi. Que mon interlocuteur parlait à mon regard et que mon regard c'était moi. Il m'aidait à donner vie à mon regard et quand je regardais une chose, j'invitais cette chose en moi. Si je la sequestrais dans mon corps on devenait fou tous les deux. Si je l'accueillais pour lui faire une place, dans une cohabitation aimable, elle m'accueillait à son tour et nous gagnions chacun un corps supplémentaire. Alors nous nous aimions. C'est cela le regard. C'est cela regarder. Je le sais. C'est cela le théâtre. C'est sûr. Je le sens.

Je ne sais pas si je veux être comédien. J'ai peur des regards tristes et des regards sequestrateurs.

L'art ne peut pas mourir. Le théâtre ne peut pas mourir. Mais il peut devenir tellement minuscule qu'il ne sera plus accessible qu'aux poètes.

Alors je serai poète, Un comédien minuscule, Un grand acteur du regard.

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Novembre sort de son lit. Il avance, faucheur, Dans les sous-bois De l’hiver toundra.

Inertie fossile glaciaire Recroquevillée – QuestioN.

Au près de la rivière et Dans un Périmètre Grandissant, L’ai r S'est pétrifié.

Les lèvres lourdes et grasses pendantes Des bêtes, Ainsi Que leur pelage moquette, Dures Se Gercent Au lapage de l’eau.

  • Le Zénith Pèse Tombe Sucé par le froid minéral des brumes. La mort qui Grince Pince Sa lame. Elle sonne les cigales et les pauvres. -

Ici, Il neige dans mon corps. Dans-moi le froid Dans-moi la neige Mon corps froid de miettes toutes petites neiges De vastes apesanteurs. -froid- La bombe qui brume et brouille Gratte frissons le duvet de ma nuque. – froid ! Porté levé par de fins filets d’air – froids ! Qui griffent l’espace de mon squelette – froid ! Je brûle l'ether du sein matière – froid ! Mes cils fébriles vibrent au rythme des flots – froids ! Troquant ma sueur contre des perles d’aiguille – froides ! Bleu de peau limpide sous Epiderme de soie fine – froac ! Vision lucide et sans aura... Je la regarde s’enfuire – glace ! Les doigts raides et le jus cassant – glace ! Squelette fragile et faille d’asile – brèche ! Par où jaillit scintillante L’âme, Glissant coulant les longs courants chauds Douceur d’avocat Fourrure serpent.

Gonflé de lourds cristaux de sang, Mon regard Ne tremble plus.

Je neige. Dans-moi l'interspace Des Suspensions dans mes Miettes de corps de neige.

L'espace des vents de l'invisible je suis La stupeur blanche où Tout coïncide où tout se Superpose mes miettes De neige je ne suis qu'une Intervalle loin des fournaises.

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Il n'y peut rien y être d'autre Que ce que je suis. C'est à cause de cela Que je suis quelqu'un. Si j'étais autre chose, quelque Choses d'extérieurs, Je ne serais plus rien. Aussi sachant qu' Il peut être autre chose que ce que je suis et Cette chose là autre est Pas plus autre chose que Ce que je suis quand je Regarde ce que je suis par ce je que suis comme chose quand je me regarde parce que quand je me regarde je suis une chose pas très différente d'autre chose et c'est là que je commence aussi à être ce je que suis comme chose. Ce que je suis, Tout fatigué que je suis, Est une confusion entre ce que je, je que ce, et Je ce que je suis tout autant que Ce que je suis ce. Je ce suis ce que je suis enfin ce que et ce dont je suis surtout c'est ce je que je ce suis et je ce que ce je suis. Est-ce, cette chose, un conflit ? Je suis toute chose quand je regarde ce. Toute chose est ce je ce que je suis ce que ce. Je suis chose et ce je suis plus que je suis ce. Même si à chaque fois je ce je ce suis est plus profond et plus intense je finis par être ce que je ce je que je suis, avec cette chose qui est tout à fait je ce je que ce je que ce que je suis. Or quand que je crois Je, Ce, Que, Chose, Personne ne répond c'est bien que je suis bien là. Donc je suis cela me suffit. Pour tout ceux dont je suis ce sachez que je ne que suis.

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Il existe une question, confondue dans sa réponse et prise dans le cycle rétrécissant de l'extinction.

La poésie est une discipline qui dépasse la littérature. Elle est la trace d'un être qui puise dans un mouvement invisible, cherchant la trouvaille qui le transformera. La nature de cette transformation est de cette nature qui permet aux êtres de participer au monde dans sa musicalité.

Pour qu'un être trouve, il doit exister un décalage avec sa trouvaille, ceci afin qu'il l'éprouve. Avant qu'un être ne trouve, il sent cette divergence vis à vis du monde qui lui donne le sentiment de ne pas être en accord avec ce qui l'entoure. Il est comme une lavande échouée en pleine mer : Il doit résoudre et lancer ses racines au delà des eaux salée de la pensée.

Il doit résoudre. Il doit se résoudre parce qu'il est la fonction dynamique qui sort les trouvailles depuis l'univers abstrait. Il doit se résoudre soi-même et pour cela il Ne doit pas être volontaire. La volonté ne serait ici qu'un espoir voué à l’échec dans l'autorité concrète de l'absurde. Plutôt, il doit sentir, pour devenir puis devenir environnement dans la plus juste identification.

Ainsi est le mouvement de la trouvaille. Le poète vit ces introspections au-delà de lui-même, en deçà de son corps, afin de devenir ce mouvement qui le définit. Là est le poème en devenir : Une inspiration chamanique venue des dimensions Mystiques et animistes.

Puis arrive, portée par la plus fine phantasia, une faible lueur qui lui est inspirée. C'est là une vérité ineffable, une lucidité fulgurante d'une nécessité absolue : Le poème.

Il faut maintenant le porter aux destinataires ! Le trouvère n'est que le messager. Il doit dire.

La transposition de la trouvaille dans la dimension de la parole, est la blessure originelle du poète. En amenant la trouvaille tout à fait sauvage et naturelle dans la sphère du langage, celle-ci se trouve défigurée, bafouée, et devient fatalement inintelligible. Le poète, alors, se trouve à son tour incompris. C'est là sa destinée. Et plus tragique encore, le message qu'il portait sombre dans les abysses de la perversion des femmes et des hommes : leur culture.

Le poème tombe dans la fiction de l'humanité et sa nature concrète s'éteint absolument. La fiction de l'humanité n'aime pas les absurdités concrètes. Elle leur préfère le pragmatisme chaotique. Et par la masse et le poids de la culture le poème est écrasé d'insignifiance et désabusé par le privilège nostalgique d'un héritage littéraire, point d'ancrage d'un passé et d'un avenir confondu, idéal objectal du confort par l'inertie.

Le poète est charrié. Affublé d'une réputation d'être solitaire, incompris et insouciant, un fou même pas dangereux. Mais Il est en réalité un chaman, un acteur du cosmos, et L'être qui trouve le cosmos n'a plus besoin de la compagnie des êtres qui le méprisent.

Poète n'est pas un statut dans l'humanité, c'est une mission cosmique. Ce n'est pas un orgueil littéraire, c'est un bon usage de la chair, de son mouvement et une bonne considération de sa vacuité. Ces deux dernières phrases ne sont pas des mots, mais le poème d'Orphée charmant les enfers.

Et le poète ne peut être soulagé dans sa mission que lorsqu'il est considéré à priori de chaque trouvaille comme le spectre d'une loi cosmique mis en mouvement. Ce mouvement, c'est le vent qui touche le cil du poète, et ce vent restera le seul propos, invisible, de l'être qui trouve.

Sur la condition du poète contemporain, il existe une question, une réponse. Il existe une question, confondue dans sa réponse et prise dans le cycle rétrécissant de l'extinction. La pensée est chose morte. L'être trouve dans le mouvant Le vent des cils de son vivant et Dans le brouhaha de l'humanité Personne N'entend les chamans investir le silence.

Narcisse

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La nature mouvante de cette pensée la rend déjà obsolète.

Une trace, donc, une Utopie, une

Présence d'ailleurS.

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