Chercher à résoudre un problème,
C'est ne pas lui laisser la chance
Ce n'est pas se laisser la chance à soi-même
D'éprouver la possibilité et même le soupçon,
La lucidité,
Que, peut-être,
Je suis vivant,
Et que cela mériterait tout de même un petit peu d'attention.
Ici, le rire est une attitude nécessaire et suffisante
Qui ne connaît aucun équivalent
Pour quiconque chercherait une ultime responsabilisation.
Je suis
Poète.
Je suis
Fait pour la traque.
Je suis
Poète.
Je trouve.
Quand tu lis que je pense,
Tu penses ce que je pense.
C'est parce que je pense
À ta place.
Et cela c'est parce que je suis
Poète,
Et que mon ciel est ton corps et
Que ton corps pense dans mon corps,
Et que ma pensée dans ton corps
Est comme ton ciel,
Que ton ciel est mon corps,
Et que la pensée du ciel est le corps inconscient de ton frère.
Je suis poète
Parce que quand tu me lis tu
Decouvres
Que tu es le frère siamois du ciel,
Que ton frère siamois est un ciel englué
De morceaux volants
De poètes.
Le matin,
Le matin et ses nuages couchés,
Le matin et les rayons de nuages couchés,
Le matin et ses rayons couchés de nuages,
Le matin blanc et les rayons couchés de ses nuages blancs étalés,
Le matin étalé de blanc et ses rayons étalés en nuées de nuages couchés couvrant le soleil,
Le matin et les rayons couchés blancs de nuages blancs couchés dans les sols inversés du ciel, du sol inversé des ciels nuageux des rayons blancs caressant le paysage épais du matin petit soleil blanc,
Petit soleil froid et blanc du matin dans les rayons de nuées du sol inversé par l'épaisseur couchée,
Matin blanc de nuages couché,
Matin couché des nuages blancs rayonnants.
Mon ciel,
Il n'est que le matin et déjà ta beauté me condamne
À l'épaisseur verticale à
La sidération mutique au
Bégaiement blanc de mon humanité.
C'est l'impatience de découvrir
La grouillabaisse des écophonies
La mandricule d'un rapitique gorazio
Les mancolique menthropiques devalescences
Corrobulées d'anchosolites fedestrielles
Et de partures à ficelles.
Cette impatience décobile
Cette habituelle ventrification
Cette mystérieuze pleine d'échaciers ce
Sprint vers l'imposture aux
Formes à forceps !
Cette impatience tourelle qui
Eldaire ma couscousd'iff,
Quel soulagement !
Enfin,
Quel soulagement.
Immergé dans l'invisible et
Transparente
Absence
D'un autre temps,
Et des ailleurs confondus
Dans
La superposition des
Étrangetés familières et confortable cet
Amour de l'inconnu qui en
Repoussant sans cesse la conscience me
Loge me
Dissout me
Dort me
Sauve me
Chez moi me
Dans dans mon
Ombre d'ombre et
Blouie ma frontale persévérance à
Me
Ne
Me
Être
À cette place
Autre
Chaque fois autre tout
Le temps confondu je
Suis brouillard aux nerfs
Nerfs touchant le monde je
Tiens le monde
Comme un brouillard d'ombre
D'ombre
C'est la densité
Verticale
De mon endroit.
Vous êtes, poètes,
Cette mélodie qui accorde au monde
Les êtres pensants.
Vous êtes, poètes,
À l'image d'Orphée,
Ces êtres indispensables
Qui négocient
La volonté des dieux.
Ne vous retournez pas,
N'attendez pas que l'on vous suive,
Chantez, laissez la
Matière en vibration et
Disparaissez !
Il ne doit rien rester d'autre
Que l'autorité et
La lumière du vent
Dans laquelle
Vous vous serez évanoui
Par le chant.
Furetez dans les ombres
Et mettez vos corps
Sur l'autel du dicible. Faites
Couler les râles comme
De la vermine grimpante
Au pieds de cette humanité.
Ainsi seulement
Elle recommencera
À danser.